Howard Phillips LOVECRAFT


 

PREMIERS CONTES

 

Préface de Henry Deleth

 

 

La caverne secrète
ou...
L'aventure de John Lee

 

 (1898)





Traduction par Philippe Gindre.



  « À présent les enfants » dit Mrs. Lee « Soyez bien sage durant mon absence & ne faites pas de bêtises ». Mr. & Mrs. Lee devaient partir pour la journée & Laisser seuls Les Deux enfants John 10 ans & Alice 2 ans « Oui » répondit John

Aussitôt que les Lee Aînés furent partis les jeunes Lee descendirent à la cave & commencèrent à fouiller parmi les vieilleries la petite alice s’appuya contre le mur en regardant John. Alors que John faisait un bateau avec des douves de tonneau la Petite fille poussa un cri perçant alors que les briques derrière elle s’effondraient il s’élança vers elle & la releva en larmes Aussitôt que ses pleurs s’apaisèrent elle dit « le mur est parti » John monta & vit qu’il y avait un passage il dit à la petite fille « allons voir ce que c’est » « Oui » dit-elle il y entra ils pouvaient se tenir debout le passage allait plus loin que ce qu’ils pouvaient voir ils John remonta & alla jusqu’au tiroir de la cuisine & prit 2 bougies & des allumettes & puis ils retournèrent au passage de la cave. Les deux enfants entrèrent à nouveau il y avait du plâtrage sur les murs le plafond & le sol rien n’était visible à part une boîte c’était pour s’asseoir pourtant il l’examinèrent & n’y trouvèrent rien il allèrent plus loin & assez vite le plâtrage cessa & ils furent dans une caverne la Petite alice eut peur d’abord mais lorsque son frère lui dit que tout « allait bien » ses peurs diminuèrent. Bientôt ils trouvèrent une petite boîte que John ramassa & ramena à l’intérieur assez vite ils tombèrent sur une barque à l’intérieur se trouvaient deux rames il la tira avec peine bientôt ils virent que le passage se terminait brusquement il démolit l’obstacle & à sa grande consternation l’eau jaillit à flots John était un nageur confirmé & avait beaucoup de souffle il venait Juste de prendre sa respiration alors il essaya de remonter à la surface mais avec la boîte & sa sœur il vit que c’était complètement impossible il aperçut alors la barque qui montait à la surface il l’agrippa…

Il vit ensuite qu’il était à la surface & qu’il se cramponnait au corps de sa sœur & à la boîte mystérieuse il ne parvenait pas à comprendre comment l’eau était entrée mais un nouveau péril les menaçait si l’eau continuait à monter elle monterait jusqu’en haut soudain une idée lui vint. Il pouvait arrêter l’eau il le fit rapidement & et portant le corps à présent sans vie de sa sœur dans la barque il y grimpa lui-même & fit passer la barque sous le passage il était horrible inquiétant & totalement obscur sa bougie ayant été éteinte par l’inondation & et il y avait un cadavre à ses côtés il ne regarda pas autour de lui mais rama pour sauver sa propre vie lorsque finalement il leva les yeux il flottait dans sa propre cave il gravit frénétiquement l’escalier avec le corps, pour découvrir que ses parents étaient rentrés Il leur raconta ce qui venait de se passer

Les funérailles d’Alice les occupèrent tellement que John en oublia presque la boîte – mais lorsque finalement ils l’ouvrirent ils virent qu’elle contenait un gros morceau d’or massif d’une valeur de 10 000 Livres de quoi payer n’importe quoi mais pas la mort de sa sœur[1].



[1]     Même si l’on peut a priori déceler dans la chute du récit un certain moralisme (The Poem of Ulysses, écrit un an plus tôt, à l’âge de sept ans, portait la mention « écrit pour la jeunesse » !) il s’agit à l’évidence bien plutôt des prémices de ce « matérialisme cosmique » qui sera à la base de l’œuvre future de Lovecraft. On ne peut s’empêcher d’ailleurs de rapprocher la progression des deux enfants le long d’un passage aux murs de plâtre cédant progressivement la place à une galerie naturelle, de la descente de Dyer et Danforth dans les galeries de la cité des Grands Anciens (Les Montagnes hallucinées), ou de celle de Peaslee (Dans l’abîme du temps). (NdT.)